Scénario "Daemones Aerea Cluniacensis"

1. Contexte

Le Sieur de Brancion n’a cessé ses velléités envers Cluny que par les interventions du Roy en son émissaire Hugues.

Les dons de terres, dont il estime qu’elles lui reviennent, à l’abbaye par Hugues de chalon ont une fois de plus attisé sa jalousie et provoqué sa colère.

Suivi d’une petite armée d’environ 60 hommes, il s’est donc rendu à jusqu’à Cluny pour y monter le siège, dans l’espoir d’intimider l’Abbé et d’obtenir don des terres sur lesquelles il a des vues.

Hugues se voit donc contraint de lever lui aussi une armée pour secourir l’abbaye et faire renoncer le Sieur de Brancion à ses prétentions.

Nul ne souhaite réellement le combat, et tous espèrent obtenir gain de cause par des négociations. Toujours est-il que les soldats du Sieur de Brancion s’adonnent sur les terres des moines à diverses exactions et que la population est terrorisée.

La réputation de batailleur du sieur n’arrange rien à l’affaire, et tout Cluny craint que la situation ne dégénère en affrontement armé, dans lequel les moines n’auraient que peu de chances de l’emporter, et beaucoup de petites gens seraient des victimes colatérales.

Les PJ, selon leur caste, tiendront différents rôle au sein de l’ost du Comte-Evêque :

Laboratores : simple soldat

Bellatores : capitaine d’un petit corps (10 hommes) de l’armée Comtale et/ou Diplomate chargé des négociations avec le Sieur de Brancion.

Oratores : accompagnement spirituel et bénédiction des troupes et/ou Diplomate chargé des négociations avec l’abbaye.

2. Intrigue

Quand l’armée (environ 100 hommes) arrive dans le pays clunysois, le siège est installé depuis quelques jours, à peine deux semaines. Néanmoins, certains soldats du Sieur de Brancion, avides d’en découdre et cherchant à passer le temps s’adonnent déjà à de multiples exaction sur les terres abbatiales : vols, viols, saccages et autres réjouissances…

3. Entâmer les pourparlers

Lors des premiers échanges, les PJ pourront (s’ils sont en charge de Diplomatie) obtenir les informations suivantes du Sieur et de l’Abbé.

Sinon, autrement-dit si tous sont Laboratores, c’est en enquêtant discrètement auprès des petites gens et soldats des camps opposés qu’ils le sauront (une ou des conversation(s) surprise(s) les mettront sur la voie).

Le Sieur a une forte autorité sur ses troupes, qui d’ordinaire, sans être de zélés chrétiens, ont suffisamment la crainte de Dieu pour se tenir à peu près tranquilles. D’ailleurs beaucoup espèrent ne pas avoir à attaquer l’abbaye… Aucun ordre ni aucune permission n’ont jamais été donnés de s’adonner à des exactions. Le Sieur est en effet également réputé pour châtier sévèrement de tels agissements.

Mais cette fois-ci, la situation semble complètement lui échapper : Il ne peut se résoudre à renoncer si tôt au siège et montrer par là une forme de faiblesse qui ternirait sa réputation et fragiliserait son pouvoir. Pour autant, il ne peut non plus laisser se poursuivre ces agissements et passer pour une brute sanguinaire, ce qui le disqualifierait complètement auprès des puissants, et mettrait tout autant en péril son pouvoir et ses possessions.

Paradoxalement, c’est donc avec un certain soulagement (qu’il s’efforce de ne pas montrer devant son armée) qu’il accueille la venue du Comte-Evêque, espérant prouver sa bonne foi et obtenir quelques biens en retour de celle-ci. En effet, le Sieur sait pertinemment que seul le Comte-Eveques a le pouvoir de revoir ses décisions et de lui octroyer quelques-unes des terres qu’il a donné à l’abbaye. Le faire venir à la table des négociations était donc son but premier. Pour ces raisons, le Comte-Evêque pourra accéder à l’abbaye avec une petite garde rapprochée, mais son armée devra établir son camp à proximité (pas trop près de celle du Sieur de Brancion tout de même).

Il oscillera donc entre fermeté quant à ses prétentions et démonstration de bonne volonté.

De son côté, l’abbé de Cluny, soutenu par le Comte-Evêque qui a fait dons à l’abbaye des dites terres, se montrera ferme quant aux possessions de l’abbaye, mettant en avant qu’on ne saurait s’en prendre à l’Eglise de Dieu et à ses gens et à ses biens sans se condamner aux affres de l’enfer, et refusera toute négociation tant que les exactions n’auront pas cessé.

4. Mais qui sont ces malandrins ?

C’est la question à laquelle les PJ devront répondre. Charge leur sera en effet confiée par le Comte-Evêque d’enquêter et de trouver les coupables. Pourquoi les PJ plutôt que d’autres ? Le Comte-Evêque demandera des volontaires et promettra une juste récompense, cela devrait inciter les PJ à se proposer… Aucun autre soldat n’acceptera cette mission considérée comme une trahison envers la soldatesque. Si les PJ acceptent cette charge en public, ils seront d’ailleurs rejetés et on se méfiera d’eux. De plus, les malandrins sauront de qui se cacher... Si cela ne les décide pas encore, les PJ seront témoins d’une conversation les incitant à mener l’enquête malgré tout : les soldats murmurent entre eux que « certains » quittent le camp au cœur de la nuit, mais personne ne veut en dire plus, par loyauté entre soldats, mais surtout par crainte des représailles…

Les soldats dévoyés ne sont qu’une poignée, mais même les victimes et témoins interrogées auront peine à les décrire autrement que comme « des soldats du Sieur de Brancion » : rien ne ressemble plus à un soldat en armes qu’un autre soldat en armes… L’un d’eux, qui semble être le leader selon son comportement, porte néanmoins une balafre qui coure sur sa joue gauche. Cela reste malheureusement un fait assez courant chez les soldats ayant déjà livré plusieurs batailles, mais restreint les potentiels suspects. On décrit aussi cet homme comme possédant une force colossale que son apparente maigreur ne laisse pas soupçonner.

5. Comment trouver Roland et les malandrins ?

Les malandrins n’ont guère de signes distinctifs, c’est donc vers leur leader que les PJ devraient orienter leurs recherches.

Parmi l’armé du Sieur de Brancion, seuls 8 hommes correspondent peu ou prou à sa description, mais c’est déjà beaucoup trop pour les garder tous sous surveillance, à moins d’obtenir pour cela l’aide du sieur lui-même afin qu’il désigne des soldats pour cette surveillance, mais ce serait là risquer de désigner les malandrins eux-mêmes...

Pour passer le temps, lorsqu’ils n’ont plus de tâches à accomplir, les soldats du Sieur de Brancion aiment particulièrement organiser des combats à main nue avec de menus gains à la clef pour le gagnant. Les PJ seront plusieurs fois témoins de ces combats au cours de leur enquête, ce qui devrait leur donner l’idée d’organiser un tournoi avec une récompense digne d’attiser l’intérêt de Roland…

Sinon, c’est par l’observation et le bouche à oreille qu’ils apprendront que Roland sort souvent grand vainqueur de ce type de paris qu’il affectionne particulièrement… quand il ne préfère pas dormir… Une corrélation entre existence ou absence d’exaction la veille et participation ou non à ces luttes devrait mettre la puce à l’oreille de nos PJ…

6. Prise en flagrant délit

Il faudra ensuite aux PJ pouvoir prouver la culpabilité de Roland et identifier es sbires. Pour cela, ils n’auront guère d’autres solutions que surveiller et suivre Roland discrètement.

A la nuit tombée, celui-ci quittera le camp et s’en éloignera, vite rejoint par ses sbires à un point de rendez-vous défini par avance entre eux, au couvert d’un amas d’arbres à l’écart du camp.

Ils se rendront ensuite pour commettre leurs méfaits dans une habitation proche où ils ont repéré précédemment une famille constituée d’un couple de vieillards et de leur fille, une ravissante jeune femme…

S’ils ne sont pas repérés avant, ce qui est à souhaiter, les PJ verront de leurs yeux tout le mal dont sont capables ces hommes. Et s’ils sont repérés, ils devront se défendre vaille que vaille ou parvenir à s’enfuir et alerter le Sieur de Brancion ou le Comte-Evêque, dont il faudra d’abord convaincre les gardes de les réveiller…

7. Final

Soit les PJ prennent une voie totalement imprévue (les fourbes) et charge au MJ de s’adapter…

Soit les PJ combattent, à leurs risques et périls et sont vainqueurs (ou morts...)

Soit, s’ils ne sont pas repérés, ils font leur rapport aux nobles Sieur et/ou Comte-Evêque qui jugeront en procès les malandrins, et le Comte-Evêque mènera en secret un exorcisme sur Roland.

Soit s’ils sont repérés mais parviennent à fuir, ils font leur rapport aux nobles Sieur et/ou Comte-Evêque qui captureront et jugeront en procès les malandrins en fuite, mais Roland aura mystérieusement disparu.

Annexes :

- Plan de l’abbaye et du siège avec les différentes forces en présence.

- Plan des campagnes alentours

- PNJ : Hugues de Chalon, Abbé de Cluny, Sieur de Brancion, Roland, Malandrins

Roland « le balafré » – Chef des maladrins

Corps : 10 – SP : 20

Esprit : 4 – SM : 8

Âme : 6 – SPI : 12

Armure : Gambison, Broigne et casque

Arme : Epée et poignard

Roland est possédé par Abaddon. Plutôt chétif, et pas très fin intellectuellement parlant, en dehors de ses méfaits, Roland est un piètre soldat peu actif. Il semble couramment au bord de l’épuisement. Il est néanmoins craint par ses sbires qui redoutent la force impressionnante de celui-ci quand il s’emporte.

Abaddon le Destructeur :

Son invocation octroie à celui dont il prend possession la capacité de déclencher une force colossale (réussite automatique aux Test de Capacité Physique) pendant une courte durée (6 tours ou 3 heures), après quoi, l'invocateur est proprement épuisé et doit se reposer toute une journée.

Malandrin type (4 en tout en plus de Roland)

Corps : 8 – SP : 16

Esprit : 5 – SM : 10

Âme : 5 – SPI : 10

Armure : Gambison, Broigne et casque

Arme : Epée et poignard

Ce sont tous des soldats plutôt bien entrainés qui ont déjà combattu plusieurs fois pour le sieur de Brancion aux côtés de Roland. Si Roland était la risée de tous au début, il s’est fait craindre et respecter au fil du temps à cause de la force et de la violence extrême dont il est capable. Tous le craignent mais le suivent volontiers, se sentant à l’abri derrière ce leader pour libérer leur coté sombre.